Le monde d'aujourd'hui en plein bouleversement laisse peu de place à des micro-pays. La consolidation de grands ensembles ne permet pas à des bouts de pays de résister à plus forte raison de s'affirmer. Si l'Afrique et les Etats africains veulent s'affirmer dans un tel environnement, il leur faut d'abord subsister ; et cela n'est possible que dans une dynamique d'ensemble, un cadre de bloc, d'où la nécessité des Etats africains de concrétiser les Etats-Unis d'Afrique.
L'Afrique de la renaissance, puisant dans la nécessité absolue des Etats africains de s'unir pour subsister, sera une Afrique démocratique où tous les Etats, individuellement et collectivement, aspireront à l'unité politique, les Etats-Unis d'Afrique. La nécessité de centraliser un certain nombre de ministères est évidente, en l'occurrence la Défense et les Affaires Etrangères.
Un président fédéral à titre honorifique existera mais les gouverneurs exerceront le véritable pouvoir chez eux, où ils seront élus au suffrage direct. Le président fédéral est élu par le collège des gouverneurs pour un mandat cinq ans renouvelable une fois. Bien qu'ayant un statut honorifique, il doit par ses actions contribuer à la cohésion des Etats-Unis d'Afrique. Il est de sa mission de rappeler chaque fois que c'est nécessaire, les fondements de notre idéal panafricain et l'attitude que chaque Etat doit adopter dans cette dynamique d'ensemble. Il doit aussi veiller à ce que les ministères fédéraux défendent au mieux les diverses intérêts continentaux de manière globale en stricte conformité avec notre conduite fraternaliste.
Le statut d'un gouverneur sera celui d'un président actuel à la différence que la défense, la diplomatie continentale seront unifiées et placées sous commandement fédéral. Chaque Etat sera libre de se doter d'un premier ministre pour piloter son gouvernement s'il le désire. La fédération aura des gouverneurs responsables qui s'engagent avec détermination aux principes de la renaissance, la bonne gouvernance en premier.
A la suite de la mort d'un gouverneur, le président de l'assemblée étatique assurera un intérim de 100 jours, le temps d'organiser des élections dont le premier tour aura lieu au 60ème jour. Si un deuxième tour est nécessaire, il se déroulera au 80ème jour. Et le vainqueur de ses élections deviendra officiellement gouverneur au 100ème jour suite à une passation de pouvoir.
Le pouvoir législatif dans chaque Etat restera quasiment intact. Il y'aura une certaine harmonisation et une assemblée panafricaine, dont les membres seront élus au suffrage direct dans chaque Etat, votera un certain nombre de projets de lois. Les lois votées à l'échelle panafricaine s'appliqueront sans passer par les assemblées des différents Etats.
Les mandats de l'exécutif et du législatif seront de cinq ans renouvelables un fois. On ne pourra devenir sénateur, député, ministre ou gouverneur que pendant une durée maximale de 10 ans.
Cependant le député qui a fait dix ans à l'assemblée d'un Etat, et qui de ce fait ne pourra même pas postuler pour siéger à l'Assemblée Panafricaine, pourra devenir ministre, sénateur ou gouverneur.
Le pouvoir judiciaire, à part quelques retouches d'harmonisation, sera comme à l'actuel, et chaque gouverneur disposera du droit de grâce sur les prisonniers de son Etat. Un tribunal Africain existera à l'échelle continentale, pour juger de la pénalité de tout fait qui lui sera soumis. La décision de ce tribunal ne peut pas être cassée par les tribunaux des différents Etats, mais l'inverse est possible en cas d'appel à ses compétences. Les grands criminels de chaque Etat passeront leur peine dans un autre Etat. Ces grands criminels, condamnés à perpétuités ne peuvent pas bénéficier du droit de grâce. Leur seule chance pourra être une réduction de peine au bout de 50 ans.
Dans chaque Etat, une démocratie réelle garantissant les libertés individuelles et collectives sera en vigueur. Elle sera basée sur la séparation des trois pouvoirs, ce qui permettra de mieux lutter contre la corruption et les dérives autoritaires.
La diplomatie unifiée, pilotée par cinq secrétaires chacun issu d'une sous région [pour mieux relater les questions spécifiques à chaque sous région], défendra les intérêts généraux du continent dans sa diversité et dans sa globalité. Nos diplomates, de véritables africains aux sens de l'intérêt général, feront preuve d'engagement et de responsabilité.
Chaque Etat continuera d'avoir ses représentations diplomatiques dans le monde comme à l'actuel. Dans des pays du monde où un Etat de la fédération n'est pas représenté, celui-ci peut conférer ses prérogatives sur ses ressortissants à un autre Etat de la fédération qui y est présent. Cette diplomatie fractionnée peut être tolérée pendant dix ans au bout desquelles, dans tous les pays du monde la fédération y sera représentée par un ambassade.
La diplomatie unifiée n'évitera pas cependant la possibilité d'un Etat d'entretenir des relations bilatérales privilégiées avec un autre pays tant que ce dernier n'a pas de différends majeurs avec la fédération.
L'Afrique siégera de manière permanente au conseil de sécurité de l'ONU, où elle aura un droit de veto. Ce droit de veto lui est dicté par le fraternalisme qui stipule qu'aucun peuple n'a le droit de se décider à la place d'un autre peuple. Et de ce fait le peuple africain a son mot à dire et sa vision à faire valoir au niveau de cette institution si celle–ci veut que ses résolutions engagent les africains. La voix de l'Afrique au conseil de sécurité sera celle des Etats en voix de développement, bien que sa priorité sera de défendre ses intérêts directs et indirects. Le camp de l'Afrique y sera celui de la paix et de la stabilité mondiale, et elle défendra la fraternité des peuples, le dialogue des cultures et l'inaliénabilité du respect du droit universel, tout en essayant de rallier d'autres pays à sa cause.
Sur le plan de la sécurité et de la défense, chaque Etat aura sa police et son armée. Cependant chaque Etat doit se tenir prêt à tout moment et à toute éventualité à mettre à la disposition d'un commandement continental unifié 20% de ses effectifs, en cas de nécessité. Cette unification partielle de la défense permettra d'éviter les conflits inter-Etats, d'éviter les rebellions (les sécessions, guerres civiles ou coups d'états). Elle permettra aussi de renforcer l'unité des peuples, d'économiser de l'argent en mettant fin à des dépenses militaires injustifiées, de garantir une meilleure stabilité du continent - donc éviter les exodes de réfugiés et les exactions dont sont victimes les populations, et éviter aussi les enfants soldats qui de ce fait vont à l'école, pour acquérir un savoir constructif.
L'ère des coups d'Etats sera révolue parce que tuer un gouverneur ne conduira qu'à l'emprisonnement à perpétuité aussi bien pour les commanditaires que pour les exécutants.
En matière d'économie, les secteurs d'activités traditionnels gagneront du professionnalisme grâce aux compétences apportées par nos techniciens. L'agriculture et l'élevage intensifs assureront l'autosuffisance alimentaire et l'Afrique exportera des produits finis par transformation. La maîtrise des techniques d'acquisition de l'eau nous permettra de partir à la conquête des déserts où, des lacs artificiels devront permettre une culture appropriée tout au long de l'année. La Pêche ne sera pas en reste. Les bateaux pêcheront et les poissons entreront dans les usines de transformation et de conservation. Des pays comme le Sénégal et la Mauritanie vont se doter d'infrastructures leur permettant d'alimenter tous les pays enclavés d'Afrique en poisson et dérivés.
Une politique des matières premières harmonisera les positions des différents Etats et évitera leur exploitation par des seigneurs de guerres ou leur brimade à des prix lamentables. L'exploitation du pétrole et du gaz devra se faire en priorité en destination des Etats de la fédération parce qu'il y'aura un collège chargé de garantir son orientation. La même politique sera respectée pour l'eau, les autres ressources minières et minéralières, ainsi que pour les récoltes commerciales et vivrières. Des usines de transformation existeront dans chaque sous région avec une spécialisation des Etats dans un objectif de complémentarité. Un secteur tertiaire de pointe verra le jour.
Le continent disposera d'une seule monnaie commune qui ne sera pas garantie par une quelconque monnaie étrangère, mais par le Fond Monétaire Africain. Cette monnaie fluctuera en fonction de l'évolution du marché et du poids réel du continent. Les différentes espaces sous régionales économiques convergeront en un seul marché permettant de se donner des entreprises crédibles parce que ce grand marché garantira la libre circulation des personnes et des biens. La bonne gouvernance sera en vigueur sur tout l'étendu de la fédération et le travail sera érigé en mot d'ordre dans tous les secteurs d'activités.
La douane sera propre à chaque Etat. Il y'aura une harmonisation des tarifications. La libre circulation des personnes et des biens sera garantie sur toute l'étendue de la fédération. L'importation des outils de la NTIC sera exhonorée des droits de douanes, tant que l'Afrique n'a pas les moyens d'en assurer son autosuffisance.
Le secteur du transport sera un levier de l'économie. Nous allons doter l'Afrique en infrastructures : routes, ponts et chemins de fer digne d'un continent qui se veut leader du XXIe siècle. Un réseau maillé reliera les différentes villes du continent du nord au sud et d'est en ouest. Des autobus faciliteront les déplacements dans les villes. Les Compagnies d'autobus et de trains relieront les villes en un temps record, conformément à notre aspiration à réduire le temps qui se perd dans les transports.
Le pragmatisme dans ce secteur le sera au profit du travail, donc du combat pour le développement. Dans ce sens, une aviation viable doit faire de l'Afrique une plaque tournante, accessible par tout financier investisseur en un temps record, mais aussi dans la plus grande sécurité, du moment la stabilité socio-politico-économique est garantie.
En ce qui concerne l'éducation, il y'aura une harmonisation et une recentralisation des programmes. L'enseignement des sciences et technologies, des moyens de renforcement de l'unité continentale, et de l'histoire de Afrique, des mécanismes de son développement et de son affirmation dans le monde, sera le fondement d'un système visant à produire de vrais scientifiques africains techniquement compétents dans leurs spécialités. L'Éducation couvrira toutes les franches de la population. Les adultes analphabètes seront alphabétisés dans leurs langues maternelles. Les manuels scientifiques seront traduits dans les langues africaines et enseignés en système bilingue dans les programmes. Une « Quinzaine de la Fédération » existera. Elle sera l'occasion à des lycéens et des étudiants de partir à la découverte d'autres Etats. Un fond de financement de cette mobilité doit être prévu dans le budget de l'éducation de chaque Etat ou coordonné à l'échelle continentale.
Les orientations de l'éducation exigeront un pourcentage de 40% en S&T. Des Techniciens supérieurs, des ingénieurs, et des chercheurs compétents seront un des piliers qui vont nous permettre de combler le retard du continent, et de concevoir des moyens d'affirmation du continent.
Les progrès en sciences et technologie transformeront le quotidien des africains, aussi bien dans les villes que dans les villages. Le monde rural accédera à l'ère de l'agroalimentaire, de l'électrification généralisée, de l'agriculture et de l'élevage intensifs, de la pêche techniquement dynamisée. Les arbres du sahel seront protégés par des lois prises à l'échelle continentale parce que les énergies renouvelables seront les combustibles dans les foyers.
Des pôles universitaires de recherches associés à des pôles technologiques façonneront l'expérience des génies. L'esprit de créativité de ceux-ci, imprégné de nos réalités culturelles, fera émerger un autre style de conception et de perception de la technologie.
La santé va mettre le cap sur la mobilisation de tout un chacun pour assurer une meilleure couverture sanitaire aux populations du continent, par une généralisation des infrastructures de base et le financement de centres de recherches spécialisés en fonction des pays. Un personnel compétent outillé avec un matériel parmi les plus élaborés dans ce domaine freinera les maladies qui handicapent les actifs de nos entreprises, éradiquera un bon nombre de fléaux qui aujourd'hui ravagent nos enfants et compromettent les chances de développement de l'Afrique.
Une santé à la pointe, avec des opérateurs compétents, dynamiques et engagés, disposant des joyaux de la technologie dans ce domaine, renforcés par des laboratoires de recherches engagés, fera naître une Afrique saine, respectable et respectée, qui ne passera plus son temps à mendier des médicaments génériques pour soigner les infections les plus élémentaires.
Promouvoir la créativité des inventeurs, des philosophes et des hommes de culture doit être le mot d'ordre pour une affirmation cultuelle. Les différents centres culturels africains de par le monde synchroniseront leurs programmes afin de mieux promouvoir nos jeunes talents. Les chaînes satellitaires africaines véhiculeront à travers le monde une culture triomphante. Le cinéma africain sera plus professionnel afin de concurrencer les autres productions du reste du monde. Chaque sous région aura son Hollywood façonné aux réalités locales. Les films d'animations destinés aux enfants traiteront des thèmes relatifs aux principes de la renaissance et mettront l'accent sur la nécessité de renforcer l'unité et la stabilité du continent. Le Sport, un bon volet où l'Afrique brille aujourd'hui, sera un des moyens d'affirmation de l'Afrique. Dans ce secteur, le continent va se doter de centre de formation sur toutes les disciplines pour cueillir tout ce qui est médaille lors de championnats à l'échelle mondiale.
Chaque Etat de la fédération enverra ces meilleurs sportifs de chaque discipline avec l'emblème étatique.
Sur le plan social, l'accent sera mis sur les moyens de renforcer notre cohésion. Les Etats riches assisteront les Etats les plus démunis surtout à la suite de catastrophes, où toutes les énergies de la fédération seront mobilisées et mises en contribution. Dans chaque Etat, une politique sociale prenant en compte la spécificité locale doit voir le jour. Sur toute la fédération la page de l'esclavagisme, tribalisme, xénophobie sera tournée à jamais, et le cap sera mis sur la fraternité, la mixité et l'hospitalité.
La protection de l'environnement gagnera plus d'efficacité parce qu'elle sera unifiée. Des dérogations spécifiques à des communautés ou des Etats seront possibles. Le sahel verra une ceinture verte comme barrière contre l'avancé du désert